Chaque année, à l’approche de l’automne, une question taraude les amoureux de la nature : quand partent les étourneaux ? Ces oiseaux, reconnaissables à leur plumage sombre aux reflets métalliques, semblent littéralement envahir le ciel par milliers pendant une courte période. Ce phénomène virevoltant, hypnotisant et presque surnaturel s’appelle la murmuration. Mais qu’est-ce qui pousse les étourneaux à se déplacer en masse ? Où vont-ils ? Pourquoi ? Et que signifie ce départ ? Je vous explique tout ça de manière claire et naturelle, comme si je vous racontais tout autour d’un bon café.
| 🗓️ Quand ? | 📍 Où vont-ils ? | 🤔 Pourquoi ? | 👀 À savoir |
|---|---|---|---|
| Migration : sept. ➡️ nov. Retour : mars ➡️ avril | Sud France 🇫🇷 Espagne 🇪🇸 Italie 🇮🇹 | Froid ❄️ + nourriture rare 🍂 Reproduction 🐣 au printemps | Murmuration 🕊️ impressionnante Regroupements massifs 🌆 Nuisances possibles 🚫 mais utile 🐛✅ |
Pourquoi les étourneaux partent-ils ?
Avant de répondre à « quand », intéressons-nous au « pourquoi ». C’est simple : les étourneaux, et plus précisément l’étourneau sansonnet (Sturnus vulgaris), partent pour des raisons de survie. Quand le froid arrive et que les ressources alimentaires s’amenuisent, les plus malins – ou les plus mobiles – prennent leur envol.
Ces oiseaux sont migrateurs partiels. Cela veut dire qu’ils ne migrent pas tous systématiquement. En fait :
- Ceux du Nord et de l’Est de l’Europe migrent vers des zones plus clémentes comme l’Espagne, le sud de la France ou encore l’Italie.
- Ceux du Sud et de l’Ouest (France, Espagne, Italie) sont souvent résidents.
- Les individus vivant en ville ont tendance à rester sédentaires, car la nourriture y est accessible même en hiver.
La migration est donc une question d’adaptation environnementale. Moins il fait chaud, plus ils vont chercher de la chaleur (et surtout de la nourriture) ailleurs.
À quel moment de l’année migrent les étourneaux ?

Les étourneaux partent en plusieurs vagues, en fonction de leur origine. Les premières migrations commencent en général au début de l’automne, c’est-à-dire à partir de septembre. On observe alors les premiers grands rassemblements d’individus venus des pays du Nord-Est comme la Suède, la Pologne ou les Pays-Bas.
Ils continuent d’arriver jusqu’au mois de novembre, pour ensuite se stabiliser dans leur zone d’hivernage (notamment le Sud de la France et la Péninsule Ibérique) pendant quelques mois. Le pic de migration se situe souvent entre octobre et mi-novembre.
Quand repartent-ils ?
Les étourneaux restent dans leurs zones d’hivernage jusqu’au début du printemps, vers mars ou avril. C’est là qu’ils entament le voyage du retour vers leurs pays d’origine pour se reproduire.
Comment se déplacent-ils ?
Là où les étourneaux fascinent le plus, c’est dans leur manière de voler. Ils ne volent pas seuls mais en groupes très denses, parfois composés de centaines de milliers d’individus. Ce phénomène porte un nom poétique et tout à fait juste : la murmuration.
On dirait une chorégraphie aérienne parfaitement orchestrée, et pourtant il n’y a pas de leader dans l’essaim. Chacun ajuste ses mouvements en fonction des 6 ou 7 oiseaux les plus proches.
Pourquoi volent-ils de cette manière ?
- Pour se protéger des prédateurs, comme les faucons.
- Pour rester unis pendant la migration.
- Pour optimiser l’orientation et les déplacements vers les dortoirs nocturnes.
La nuit, ils se rassemblent dans des dortoirs impressionnants : bosquets, roselières, bâtiments abandonnés, etc. Ces regroupements peuvent entendre des millions d’étourneaux dans certaines régions, notamment en Italie ou au sud de la France.
Où vont les étourneaux en hiver ?
En hiver, les étourneaux venus d’Europe du Nord et de l’Est arrivent en France, en Espagne et en Italie. Ces zones sont plus clémentes et offrent davantage de nourriture.
En France, on peut les observer en forte concentration dans les régions comme :
- Le Languedoc et la Provence
- La Région Centre
- La Nouvelle-Aquitaine
- L’Île-de-France, qui attire aussi bien les résidents que les migrateurs
Certains dortoirs comme ceux de la région parisienne rassemblaient encore dans les années 1980 jusqu’à 1 million d’individus. Aujourd’hui, on est plus souvent autour des 100 000, à cause de la modification de l’environnement urbain et agricole.
Comment reconnaître les étourneaux lors de leurs déplacements ?
Les étourneaux ne passent pas inaperçus. Voici quelques indices infaillibles :
- Leurs cris variés : sifflements, cliquetis, bourdonnements, voire imitations sonores (oui, certains imitent les sonneries de téléphone !).
- Leurs nappes d’oiseaux noirs dans le ciel qui se déplacent de manière synchronisée, souvent au-dessus des champs, des villes ou des zones boisées.
- Leurs regroupements massifs au coucher du soleil, dans les dortoirs.
Et pour être sûr que c’est bien eux : leur plumage sombre, aux reflets métalliques verts et violets, ponctué de petits points blancs.
Quels impacts ont les étourneaux pendant la migration ?
Le spectacle est grandiose, mais il peut aussi être… gênant.
Côté positif
- Ils régulent les populations d’insectes.
- Ils participent à la pollinisation et à la dissémination des graines.
- Ils offrent un spectacle naturel spectaculaire aux curieux et passionnés.
Côté négatif
- Les fientes peuvent abîmer les bâtiments et voitures (acide urique très corrosif).
- Ils causent des dégâts dans les cultures agricoles, surtout lorsqu’ils se rassemblent par milliers dans les vergers ou champs de céréales.
- Ils peuvent faire du bruit la nuit dans les zones habitées où ils installent leurs dortoirs.
Étourneaux et humains : une cohabitation possible ?
Pour ceux qui habitent près d’un dortoir ou qui voient régulièrement leur jardin visité par des étourneaux, pas de panique.
Voici quelques astuces simples pour limiter les nuisances :
- Installer des objets brillants (rubans métalliques, CD), ça les dérange
- Utiliser des sons répulsifs ou des faux rapaces pour les détourner
- Protéger les zones sensibles comme les fruitiers avec des filets
Malgré tout, rappelez-vous que l’étourneau est un allié du jardinier : il dévore limaces, hannetons et larves de tout genre.
Petite anecdote : ils ne sont pas tous partis !
Petite surprise : même si de nombreux étourneaux migrent, une partie d’entre eux reste en France pendant l’hiver, surtout dans les régions milder ou en ville. Ceux que vous voyez dans les parcs urbains en janvier ne sont donc pas forcément « à la traîne », certains sont simplement restés à domicile !
La migration n’est pas une règle stricte chez les sansonnets : elle est opportuniste et dictée par les conditions météorologiques et la disponibilité alimentaire.
Comment favoriser leur observation ?
Pour les amoureux de la nature ou les photographes amateurs, observer une murmuration est un moment magique. Voici quelques conseils pour maximiser vos chances :
- Rendez-vous dans des zones humides, bocages ou champs ouverts en fin de journée
- Emmenez des jumelles (ou un appareil avec bon zoom)
- Repérez d’abord les dortoirs ou zones de regroupement (roselières, bosquets, entrepôts abandonnés)
- Arrivez 1 heure avant le coucher du soleil
Et là, vous verrez le ciel se charger lentement de milliers d’oiseaux, formant des vagues sombres et mouvantes comme un souffle visuel. C’est un moment à vivre au moins une fois.
En résumé
Les étourneaux partent principalement de septembre à novembre pour fuir les climats froids et la rareté des ressources. Ils se rassemblent en groupes immenses pour migrer vers des contrées plus accueillantes, où ils resteront jusqu’au dépôt des œufs au printemps suivant. Ce ballet naturel s’observe avec émerveillement mais peut créer des conflits temporaires avec les activités humaines.
Alors, si vous apercevez une nuée d’oiseaux noirs tourbillonnant au coucher du soleil, n’allez pas trop vite chercher votre parapluie… Prenez une minute, regardez, respirez, et laissez-vous subjuguer par le spectacle des étourneaux.


